Poesia

Poème d’amour VIII Neruda

Abeille blanche, ivre de miel, toi qui bourdonnes dans mon âme,

tu te tords en lentes spirales de fumée.

Je suis le désespéré, la parole sans écho,

celui qui a tout eu, et qui a tout perdu.

Dernière amarre, en toi craque mon anxiété dernière.

En mon désert tu es la rose ultime.

Ah ! silencieuse !

Ferme tes yeux profonds. La nuit y prend son vol.

Ah! dénude ton corps de craintive statue.

Tu as des yeux profonds où la nuit bat des ailes.

Et de frais bras de fleur et un giron de rose.

Et tes seins sont pareils à des escargots blancs.

Un papillon de nuit dort posé sur ton ventre.

Ah! silencieuse !

Voici la solitude et tu en es absente.

Il pleut. Le vent de mer chasse d’errantes mouettes.

L’eau marche les pieds nus par les routes mouillées.

Et la feuille de l’arbre geint, comme un malade.

Abeille blanche, absente, en moi ton bourdon dure.

Tu revis dans le temps, mince et silencieuse.

Ah ! silencieuse !

 

Ape bianca, ebbra di miele, ronzi nella mia anima

e ti torci in lente spirali di fumo.

Sono il disperato, la parola senza eco,

quello che ha perduto tutto, quello che tutto aveva.

Mio ultimo ormeggio, in te cigola la mia ultima ansia.

Nella mia terra deserta sei l’ultima rosa.

Ah silenziosa!

Chiudi i tuoi occhi profondi. Lì aleggia la notte.

Ah denuda il tuo corpo di statua timorosa.

Hai occhi profondi dove batte le ali la notte.

Fresche braccia di fiore e grembo di rosa.

I tuoi seni sembrano conchiglie bianche.

Si è addormentata sul tuo ventre una farfalla d’ombra.

Ah silenziosa!

Ecco qui la solitudine del luogo ove non sei.

Piove. Il vento del mare caccia gabbiani erranti.

L’acqua cammina scalza per le strade bagnate.

Da quell’albero si lamentano, come malati, le foglie.

Ape bianca, assente, ancora ronzi nella mia anima.

Rivivi nel tempo, snella e silenziosa.

Ah silenziosa!

tratto da:”Poème d’amour”, Neruda